Les cuirs de la Petite Maroquinerie d’Exception vous livrent leur secret: à la rencontre de Virginie Ducatillon.
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Les cuirs de la Petite Maroquinerie d’Exception vous livrent leur secret: à la rencontre de Virginie Ducatillon.

Après dix années passées dans les plus grandes maisons de luxe, Virginie Ducatillon se lance dans la création d’Adapta, qui a pour ambition de devenir la e-centrale d’achat du cuir de seconde main. Seconde main certes, mais pas n’importe laquelle, car Virginie sélectionne seulement les plus belles matières provenant des meilleurs fournisseurs. À travers cette démarche, elle donne à l’éco-conception ses plus belles lettres de noblesse.

 

  • En quelques mots, qui êtes-vous ?

Je suis Virgine Ducatillon et j’ai lancé Adapta il y a un peu plus d’un an. J’ai passé plus de dix années dans la maroquinerie de luxe et je me suis rendu compte de l’existence de nombreux stocks de cuir, de très bonne qualité, qui n’étaient pas utilisés et parfois même détruits. 

 

  • Qu’est-ce qui a déclenché la création d’Adapta ?

Suite à ce constat, je me suis décidée à lancer Adapta, qui permet de sélectionner des cuirs dans les stocks dormants de fournisseurs du luxe. Cela peut être soit chez les tanneurs, soit chez les fabricants de produits finis, soit dans les stocks centraux de maisons de luxe. Le but c’est donc de promouvoir l’éco-conception en utilisant la matière existante, d’autant plus qu’elle est de très bonne qualité. De cette manière, on veut lui donner une seconde vie en l’offrant à des créateurs, des marques, qui n’ont soit pas les volumes suffisants, soit pas les budgets pour lancer ces productions chez ces fournisseurs du luxe. 

 

  • Qu’est-ce que l’éco-conception ?

L’éco-conception pour moi c’est vraiment transformer une contrainte d’approvisionnement en une stimulation de la créativité.

 

  • Pourquoi vous êtes-vous installé dans cet atelier ?

Je me suis installée dans cet espace il y a quelques mois, en septembre. L’idée, c’était de pouvoir être dans un lieu qui ait vraiment un caractère et une histoire. J’ai choisi cet ancien atelier de maroquinier qui était là depuis trente ans. De plus, on est dans le quartier des Grands Boulevards, quartier des tanneurs et fourreurs. Je suis contente de continuer l’histoire de ce lieu dans la même veine.

 

  • Comment se passe la rencontre avec les marques et les créateurs ?

Tous les stocks sont ici dans l’atelier, j’invite donc les personnes à prendre rendez-vous. On leur propose un service personnalisé. On cherche à comprendre l’univers créatif des marques pour bien les conseiller en fonction du produit. On est aussi partenaire d’ADC, un incubateur de la filière cuir, et tous les trois mois on fait un pop-up où les créateurs viennent en RDV. Pour les créateurs en province, on travaille la plupart du temps par e-mail et photos. J’espère sortir le mois prochain le site e-commerce pour les marques qui ne sont pas basées à Paris et créer le « vide dressing » du cuir, pour être comme une centrale d’achat du cuir. Cela nous permettra d’avoir plus d’impact en matière de volume également.

 

  • Quelle est l’approche d’Adapta ? 

Nous avons choisi un positionnement haut de gamme. On récupère les peaux une à une pour être sûrs de la qualité et de la traçabilité.  Ce qui importe, c’est surtout le tanneur. Le vrai challenge est de pouvoir trouver la matière. Pour les marques et les créateurs, c’est un peu Noël : ils ont accès à des matières nobles et présélectionnées à des prix moindres et sans minimum de volume. Le point positif c’est que le concept d’éco-conception raisonne de plus en plus auprès des fournisseurs.

On trouve nos cuirs par opportunisme : des fins de séries (trop petites quantités), des cuirs qui n’ont pas correspondu aux cahiers des charges de couleur, de qualité etc. On déniche ces petits trésors.

 

 

  • Avez-vous une formation sur les cuirs ?

J’ai travaillé dix ans en développement produit dans des grandes maisons de luxe, j’ai donc pas mal été en contact avec le cuir de qualité. En fonction des tanneries je connais leurs différents types de tannage : végétal, minéral etc. Je reconnais la main et la finition d’un cuir. J’ai donc appris sur le terrain. 

 

  • Pourquoi cette collaboration avec Balzac Paris ?

Premièrement c’était une évidence de démarcher Balzac Paris pour cette collection, avant même le lancement d’Adapta. Dès ce moment là, Chrysoline a été emballée et elle a soutenu la démarche. Nous avons la même vision de la mode.

Le processus a été long pour être certain de coller à l’univers de la marque. J’ai alors proposé aux stylistes accessoires cette vachette embossée croco qui provient d’une tannerie italienne près de Florence, sélectionnée dans une petite maison de couture à Paris. Il y a très peu de stock, c’est donc une édition très très limitée.

 

Crédits photographiques: Solenne Jakovsky pour Le Prescripteur

Plus d’informations sur le site d’Adapta
Suivez Adapta sur : Facebook et Instagram

 

Balzac Paris

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